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"Je ne sais jamais où je vais quand je m’engage dans un livre. Et, d’un jour à l’autre, je me lance, je me jette à l’eau. La personne à qui je dicte me donne son temps, une disponibilité que je ne peux pas malmener. Je ne peux pas dire «Aujourd’hui je ne suis pas en forme» ou «J’ai envie de sortir prendre un café». Non, il faut y aller."
Doute d’Oriane (Bic noir): je suis toujours perplexe devant ces opinions romantiques de l’écriture: l’inspiration et la souffrance qui placent l'écrivain comme une figure à part, quelque chose comme un petit dieu… En ce qui me concerne, je ne sais pas non plus où je vais quand j’écris parce que je sais qu’il n’y a aucune raison que j’aille quelque part. Le roman n’a en rien besoin d’un but, je refuse son écriture téléologique. J’écris ce que j’écris quand je l’écris et, parfois ça mène quelque part, parfois dans un cul de sac, parfois dans un no man’s land, je m’en moque, j’écris pour écrire et je ne souffre pas d’écrire sinon je n’écris pas. La vie m’est plus importante que l’écriture et, si j’écris (car j’écris même si l’opinion commune peut en douter — en fait elle s’en moque…) c’est parce que j’éprouve du plaisir à le faire et que je n’y suis en rien contrainte.
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